Priorité au développement agricole
Le Burkina Faso, le Mali et la Guinée sont parmi les plus pauvres de la planète, où une large frange de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et dans une situation de sous alimentation chronique. La flambée des prix des denrées alimentaires rend cette situation plus difficile encore. Au moment où la crise alimentaire s’installe, on sent le discours changer. La Banque Mondiale a montré la voie avec son rapport 2008 intitulé “L’agriculture au service du développement”. Le développement agricole, les cultures vivrières, l’exploitation agricole familiale, l’autosuffisance alimentaire et les politiques de soutien à l’agriculture semblent devenir des thèmes prioritaires sur le théâtre du développement et de la coopération internationale.
Depuis 10 ans, les organisations paysannes se sont multipliées et regroupées au sein de structures nationales et même régionales. Cette dynamique paysanne est encore fragile, mais constitue un fait politique nouveau et une opportunité pour penser et mettre en oeuvre des politiques portées par les acteurs du secteur.
L’addition de ces réalités nouvelles -crise alimentaire, attente de politiques agricoles et dynamique paysanne- suscite une forte demande de ressources humaines capables de relever le défi de la dynamisation de la production et de la productivité agricole. Or, l’offre de formation dans ce domaine souffre, en Afrique de l’Ouest, d’au moins deux handicaps : l’absence d’approches pluridisciplinaires et spécifiques aux questions de développement agricole et la déconnexion avec les réalités et les acteurs de terrain. Les formations sont souvent trop généralistes, trop théoriques et trop centrées sur une seule discipline.